Au cours du mois d’août, les actions européennes ont fait du surplace tandis que les actions américaines reprenaient quelques couleurs, emmenées par le secteur technologique. Le Nasdaq grimpe de +3,1 %, le S&P de +1,8 % et le Stoxx Europe 600 de +0,5 %.
Dernièrement, les investisseurs se sont de nouveau inquiétés de la trajectoire des taux d’intérêt, notamment sur l’ensemble des maturités souveraines longues. A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’État américain emprunte sur 10 ans à un taux de 4,8 %, le Royaume-Uni de 5,2 %, la France de 4,3 %, et même l’Allemagne et le Japon doivent s’acquitter de coupons annuels de 3,4 % et 3,0 % respectivement. Nous sommes bien loin des taux négatifs que nous avions connus au cours de la précédente décennie.
Il semble que de nombreux acteurs de marché s’interrogent sur les raisons qui poussent les prêteurs à demander des rendements toujours plus élevés sur les maturités longues, pourtant assez largement supérieurs aux taux d’inflation observés. La crainte de défauts de paiement peut être tranquillement écartée, les CDS qui permettent de mesurer implicitement ce risque ne témoignant d’aucune tension particulière. L’explication réside donc probablement dans une perte de confiance en la capacité des banques centrales à contrôler l’inflation, non pas immédiatement mais dans quelques années. En effet, les États conservent aujourd’hui des déficits importants, souvent supérieurs à 5 % du PIB, rarement vus en temps de paix et qui jouent le rôle de stimulateurs puissants dans l’économie. Or, cet argent excédentaire injecté risque de générer de l’inflation. Normalement, le mécanisme de régulation vient des banques centrales qui augmentent dans ce cas leurs taux directeurs, pour forcer les États à plus de rigueur budgétaire. Mais c’est bien ce qu’elles ont fait depuis 2022 et force est de constater que les politiques ne se sont pas précipités pour serrer les cordons de la bourse, nulle part.
De plus, le niveau très élevé des dettes publiques dans de nombreux pays fait qu’une augmentation de taux directeurs agressive pour lutter contre une inflation hors de contrôle, comme nous en avons une sous la présidence de Paul Volcker à la FED dans les années 1980, serait fiscalement insoutenable dans la durée et donc n’est pas aujourd’hui crédible. Les banques centrales ne pourront retrouver leur capacité de dissuasion que quand l’endettement des États sera revenu à des niveaux très inférieurs à ce qu’il est aujourd’hui. Et la seule façon d’arriver à cela est une forte poussée inflationniste pendant au moins plusieurs années.
En somme, la question n’est au fond pas de savoir pourquoi les taux montent mais plutôt pourquoi ils sont restés si bas si longtemps. La seule façon pour les États de faire baisser la pression mise par le marché via cette prime de risque est de diminuer drastiquement leur déficit budgétaire, dans un contexte où la charge d’intérêt augmente rapidement et atteindra partout à la fin de la décennie des niveaux très élevés, avec des taux probablement autour de 4 à 5 % du PIB. C’est une véritable montagne que les gouvernements doivent gravir et ils ne feront pas cet effort de bon gré, sachant qu’il est toujours plus facile pour être réélu de dépenser plus que de dépenser moins.
Les fonds Clartan ont eu des performances honorables en août : Valeurs monte de +1,7 %, Europe monte de +1,7 % ainsi qu’Ethos de +2,0%. Les fonds défensifs sont eux de nouveau presque étales avec Patrimoine inchangé à 0,0 %, Flexible à +0,2 % et Multimanagers affiche +1,7 %.
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