Février 2026

Au cours du mois, le marché actions européen a continué sur sa lancée (+3,9 %) mais les indices américains libellés en Euro restaient une nouvelle fois à la traine : le S&P 500 en Euro terminait le mois à -0,4 % et le Nasdaq à -2,9 %.

Le marché, en février, a été marqué par deux évènements bien distincts : l’accélération de la baisse des sociétés potentiellement ‘disruptées’ par l’IA et le déclenchement soudain de la guerre en Iran.

Commençons par les fondamentaux : la publication par la société d’IA Anthropic de son module « cowork » ainsi que d’autres modules secondaires, dont un en particulier d’aide juridique, destinés à faciliter l’utilisation de l’IA par les travailleurs de la connaissance, a entrainé une très forte réaction boursière. De nombreux titres potentiellement considérés comme menacés, comme Publicis ou Relx, ont soudainement fortement baissé. Le marché fait le raisonnement que les nouveaux outils d’IA vont, si ce n’est remplacer les fournisseurs de service de connaissance, au moins permettre à leurs clients de négocier de fortes baisses de prix sur ces services. En effet, si l’IA devient une option d’internalisation de n’importe quel logiciel ou service intellectuel, le « pricing power » de ces derniers, qui a tant sous-tendu les performances exceptionnelles du cours de bourse des sociétés dites « qualité-croissance » de ces secteurs entre la fin de la grande crise financière de 2008 et l’année 2025, risque tout simplement de s’évaporer.

Le débat fait rage dans le marché : ces sociétés menacées pourront-elle réagir et s’appuyer sur l’IA générative en l’incorporant dans leurs offres pour améliorer plus rapidement encore la productivité et donc la valeur ajoutée de leurs services ? Ou bien, telles des dinosaures, risquent-elles de disparaitre au profit de nouveaux acteurs « natifs » de l’IA ?

Nous entendons en effet dire qu’il est beaucoup plus difficile d’adapter des plateformes existantes à l’IA que de repartir d’une feuille blanche. Si c’est le cas, des pans entiers de la cote, notamment les sociétés de logiciel dites « SaaS » pour Software-as-a-service, risquent de subir le sort de secteurs comme le tabac, le papier ou la presse écrite dans le passé : une lente et inexorable agonie en attendant d’être remplacés par des acteurs complètement nouveaux. Quoiqu’il en soit, nous avons décidé de sortir toutes les positions qui nous semblaient potentiellement menacées en attendant d’y voir plus clair. Les opérateurs de marché ont déjà donné un surnom à cette lame de fonds : le « HALO trade » pour Heavy Asset, Low Obsolescence

Ensuite, le mois s’est conclu par le déclenchement soudain de la guerre de bombardements aériens en Iran. Il est trop tôt pour faire la part des choses et voir où cela va mener le monde. Néanmoins, il est clair que l’Iran peut tenter de répondre en essayant de fermer le détroit d’Ormuz, coupant ainsi 20 % de l’approvisionnement mondial de GNL et 5 à 10 % de celui en pétrole. Un tel choc énergétique pourrait alors générer un fort ralentissement de la croissance mondiale. Des bombardements d’aéroports des pays du Golfe peuvent aussi mettre à mal les économies tertiaires de ces pays. Cependant, les flammes pourraient se calmer aussi vite qu’elles ont surgi et il nous faudra patienter pour en savoir plus. A l’heure où nous écrivons ces lignes, nous n’avons pas engagé d’actions majeures de protection sur nos portefeuilles.  

Les fonds Clartan ont connu des performances honorables en février. Valeurs grimpe de +3,9 % tandis qu’Europe affiche +2,9 % et Ethos +3,0 %. Patrimoine monte aussi de +1,2 %, Flexible de +3,4 % et Multimanagers +1,5 %.

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