Mars 2026

Au cours du mois, les marchés actions européens et américains ont significativement baissé sur fond de guerre au Moyen-Orient : le Stoxx Europe 600 abandonne -7,7 %, le S&P 500 -2,7 % et le Nasdaq -2,4 %.

Le conflit entre les États-Unis et Israël, d’une part, et l’Iran d’autre part, a battu son plein depuis le 28 février dernier et entraîné des conséquences économiques importantes. Tout d’abord, le détroit d’Ormuz est de facto presque complètement fermé au trafic commercial, en raison des combats, d’abord, puis des menaces iraniennes, ensuite. L’Arabie Saoudite a pu dévier l’essentiel de ses exports de pétrole, soit environ 7 millions de barils par jour, vers la mer Rouge en utilisant un pipeline Est-Ouest vieux de 45 ans, qui avait été construit précisément en vue d’un pareil conflit. Les Emirats ont également pu détourner autour du détroit près de 2 millions de barils par jour par un autre pipeline et les tankers iraniens peuvent librement circuler dans le golfe à ce jour. Restent donc piégés les productions irakiennes, koweïtiennes et le GNL qatari, soit un peu moins de 10 % du flux de pétrole mondial et 20 % du GNL, à quoi il faut ajouter environ 30 % de l’urée mondiale, qui est un composant nécessaire pour les engrais.

La situation est donc extrêmement sérieuse et les prix des matières premières concernées ont déjà fortement réagi à la hausse. Le marché actions, craignant une poussée d’inflation et une récession par-dessus le marché, a lui aussi réagi en baissant par à-coups mais sans céder pour autant, à ce stade, à la panique. Car, en effet, il n’est pas impossible que la situation se dénoue à plus ou moins courte échéance.

Les États-Unis et Israël se livrent essentiellement à des bombardements aériens mais sans intervenir au sol. Après plusieurs semaines d’opérations et environ 8000 cibles traitées, on peut raisonnablement penser qu’il ne reste déjà presque plus de cibles militaires utiles. Nous avons ainsi probablement atteint ce qu’on appelle en théorie des jeux, l’« équilibre de Nash », c’est-à-dire le stade à partir duquel chacune des deux parties n’a plus d’intérêt matériel et objectif à une prolongation des hostilités. Côté iranien, la menace vitale pour les membres du régime est extrême tant que les frappes continuent et, côté américain, le blocage du détroit entraîne chaque jour un peu plus l’économie mondiale vers la récession. Récession qui se paiera probablement dans les urnes des mid-terms américaines en novembre prochain pour les Républicains si elle se concrétise d’ici là. Le seul frein au cessez-le-feu immédiat est en réalité le fait que personne ne veut laisser l’impression qu’il capitule et cède face à son adversaire.

Ainsi, nous pensons que le plus probable est que, malgré les rodomontades journalières de Donald Trump destinées en réalité à améliorer sa position de négociation, les bombardements commencent désormais à diminuer en intensité d’une part et que l’Iran desserre progressivement l’étau sur le détroit d’autre part, comme il semble désormais le faire en prétendant imposer un droit de passage sur les navires candidats à la traversée. Ceci se faisant en toute illégalité mais le droit international a tellement été foulé aux pieds dernièrement par les uns et les autres que nous n’y voyons désormais guère plus qu’un détail malheureusement sans grande importance.   Les fonds Clartan ont connu eux aussi un mois difficile en mars avec Valeurs qui cède -11,8 %, Europe -9,6 % et Ethos -10,4 %. Du côté des fonds plus défensifs, Patrimoine baisse de -2,9 %, Flexible de -5,8 % et Multimanagers de -4,8 %.

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