Septembre 2026

Au cours du mois de septembre, les actions européennes ont de nouveau été dépassées par leurs consœurs américaines : le Stoxx Europe 600 baisse de -2,4% tandis que le S&P 500 grimpe de +2,1% et le Nasdaq de +4,4%, emmenés notamment par le secteur des semi-conducteurs (Indice SOXX) qui avance de +14,1% sur le mois.

Alors que le dynamisme économique mondial demeure largement cantonné aux investissements liés à l’intelligence artificielle et au cycle industriel, le krach obligataire sur les maturités longues a poursuivi sa route en septembre. Et un pays en particulier semble désormais dans l’œil du cyclone : la France. A l’heure où nous écrivons ces lignes, l’écart de taux à 10 ans avec l’Allemagne atteint près de 1,3%. Plus que le niveau lui-même, c’est la vitesse de la dégradation qui inquiète.

Il semble donc que ce que beaucoup craignaient, une attaque sur la dette française, soit en train de se produire sous nos yeux et l’on ne reviendra pas au statu quo ante sans de profonds changements. Depuis le COVID et son désormais fameux Quoi qu’il en coûte, le déficit n’a pas été réduit au, très minimal, 3%, et ce alors que les taux sont, eux, passés de 0 à 5%. A cause de dépenses structurelles trop lourdes, ce déficit reste supérieur à 5% du PIB sans perspective d’amélioration naturelle. Avec une inflation modérée et une croissance quasi nulle, cette situation est mathématiquement insoutenable.

Face au refus des créanciers d’abonder un puits sans fond, la seule solution est une cure d’austérité drastique qui touche toutes les catégories de la population sans exception. Mais cette potion est si amère politiquement que nul gouvernement ne peut s’y résoudre sans y être forcé, en l’occurrence, par le marché.

Tel un patient pris d’une rage de dents qui va chez son dentiste pour un arrachage sans anesthésie, le gouvernement en place va donc se voir contraint dans les semaines qui viennent d’amener un budget qui ne sera pas sans rappeler celui du Portugal ou de l’Espagne à partir de 2012. Petit florilège des mesures prises à l’époque : réduction sèche de 10% des effectifs de la fonction publique, allongement de 10% de la durée du temps de travail des fonctionnaires sans contrepartie salariale, augmentation de la TVA, gel et sous-indexation des pensions de retraites etc.

Inutile de dire qu’un tel budget ne pourrait passer que par ordonnances et serait immédiatement suivi d’une motion de censure qui ferait chuter le gouvernement. Nous pouvons alors raisonnablement penser que celui-ci serait maintenu sous forme démissionnaire jusqu’à la présidentielle d’avril 2027 et les regards se tourneraient ensuite vers son vainqueur.

Une seule chose est désormais à peu près certaine : l’ajustement budgétaire drastique et les mesures structurelles qui ont été sans cesse repoussées (depuis 2012 et 2020) vont enfin avoir lieu car les investisseurs ont perdu confiance dans la capacité des politiques français à prendre les mesures qui protégeront leur capital dans la durée.

Face à ce scenario qui ne nous surprend pas et dont seul le calendrier nous était inconnu, nous avons depuis longtemps positionné nos portefeuilles pour en limiter les conséquences. Nos expositions aux sociétés domestiques françaises ont été réduites à la portion congrue et nous attendons que des mesures énergiques et douloureuses aient été prises pour revenir sur les nombreuses excellentes sociétés de la cote française.

Les fonds Clartan ont suivi les actions européennes à la baisse en septembre : Valeurs baisse de -2,0%, Europe de -3,8%, Ethos de -3,4%, Flexible -2,1%, Patrimoine -1,6% et Multimanagers -2,2%.

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